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vendredi 31 août 2012

Réunion d’information au Château d’oléron le 31 Août 2012 à l’invitation de l’APLM17


Association pour la pêche et les loisirs maritimes
3 interventions : APLM17 , APLIMAP, UNAN17
Intervention au nom de l’APLIMAP Association pour la préservation du littoral de la Malconche et des Pertuis charentais (N. Demyk)

Qui sommes-nous ?

Notre association a été créée en février 2012. Elle fait suite à un collectif de résidents qui s’était constitué au moment de l’enquête publique de mai 2011 et renforcé pendant l’automme 2011.

Nous sommes principalement des résidents oléronais permanents et secondaires, des usagers des plages et de l’espace littoral de la Malconche. Nous aimons ce site dont la valeur paysagère et environnementale est reconnue par tous dans l’île et au-delà et pas seulement par les riverains. 
Nous représentons les familles qui fréquentent ce site depuis plusieurs générations et font vivre l’économie touristique oléronaise. Résidents permanents ou secondaires, vacanciers fidèles à cette destination familiale et populaire, tous ont été sidérés par les implications écologiques, environnementales et économiques d’un tel projet. 
Ils ont été outrés du mépris implicite que révèlent les réponses aux courriers que nous avons adressés fin juin aux élus, aux services de l’Etat, aux ministères concernés. Aucune de nos questions n’a reçu de réponse.

1- Les insuffisances de l’étude d’impact en matière environnementale
Le projet d’implantation de 387 Ha de filières a été élaboré dans la plus grande confidentialité par le CRC (Comité régional de conchyliculture), les laboratoires de l’IFREMER et du CREAA, les services de l’Etat.
L’étude d’impact fournie lors de l’enquête publique de 2011 ne comporte aucune étude des effets sur le milieu marin de l’élevage de millions de coquillages ni sur l’impact visuel et sonore de l’exploitation de ces filières à quelques centaines de mètres des plages. 8 lignes sur ce dernier aspect !

Il est sidérant que le demandeur n’ait pas quantifié les rejets organiques  des huîtres et des moules (qui ne font pas que filtrer l’eau pour absorber le phytoplancton) et  n’ait pas analysé le devenir de ces rejets en fonction des courants. 

M. le Directeur des Affaires Maritimes de Marennes interrogé sur ce point lors de notre rendez-vous à la préfecture le 25 juillet, n’a pas contesté les chiffres que nous avançons et a répondu que personne ne faisait ce type d’étude. Il a donc admis que l’on ignorait les conséquences de cet élevage sur le milieu.
J’insiste sur le fait que les experts qui ont réalisé l’étude d’impact afffirment disposer de données insuffisantes ou inexistantes dans presque tous les domaines environnementaux y compris sur la ressource en phyroplancton de ces eaux.
Donc, le risque d’envasement à terme des plages est indifférent aux décideurs et à tous ceux qui soutiennent ce projet.
Aucun projet industriel terrestre ne pourrait être autorisé dans ces conditions.

2-Il s’agit pourtant bien  d’un projet de nature agro-industrielle :
  • il exige des investissements importants
  • il vise des gains de productivité fondés sur la manipulation du vivant et la destruction à terme de la biodiversité en raison de l’utilisation massive d’huîtres triploïdes
  • il menace à terme la survie de l’ostréiculture traditionnelle comme en témoignent les prises de position publiques de certains ostréiculteurs et la lettre que deux d’entre eux ont communiquée à Mme le Préfet.
  • Mais cela, nous le savons depuis longtemps car cela fait plus d’un an que nous discutons de ce sujet avec tous ceux à qui nous achetons des huîtres et ils sont très nombreux car nous sommes très nombreux.

Nous ne pouvons pas accepter cette logique de profit à court terme et d’intensification industrielle car elle est porteuse de trop de dégâts écologiques et sociaux. 
Cette forme de modernité technique a fait la preuve de ses limites, de son aveuglement scientiste, notamment en agriculture. Et maintenant elle sévit dans la conchyliculture, pour laquelle le label « naturel » deviendra une imposture si rien n’est fait pour stopper ce type d’implantation.

3- Ce projet aboutit finalement à l’appropriation de fait de l’espace littoral et maritime par une fraction d’exploitants ostréicoles et mytilicoles .
C’est là un autre aspect essentiel du débat car cela se fait au détriment de tous les autres utilisateurs de cet espace, non seulement les usagers mais avec eux tous les professionnels qui vivent du tourisme : commerçants, restaurateurs, entreprises de loisirs nautiques.
Cet espace sera également fermé aux pêcheurs professionnels et de loisirs, à la plaisance, aux kayakeurs, à la pratique sportive du windsurf et du kitesurf particulièrement vivante surs les plages de Plaisance et de la Gautrelle
Nous ne pouvons pas laisser confisquer et fermer un espace public de circulation et d’activités maritimes multiples pour le seul bénéfice de quelques intérêts privés.

Comme les maires de St-Georges, de la Brée et Saint-Denis l’écrivent dans un communiqué commun « il n’est pas acceptable de développer un secteur économique au détriment des autres » en ajoutant immédiatement qu’ils restent sensibles aux difficultés rencontrées par les ostréiculteurs.
Ce qui est notre cas également ; nous n’avons jamais jeté l’anathème sur l’ensemble de la profession ostréicole. Nous souhaitons au contraire que les financements publics mobilisés pour cette opération soient réorientés vers l’ostréiculture traditionnelle respectueuse du vivant et de la nature ainsi que vers la remise en état des estrans envasés du sud de l’île.

4- Nous aimons l’île d’Oléron, nous sommes sensibles à ses identités multiples forgées au cours de l’histoire, histoire dont nous sommes désormais partie prenante .
Le site de l’anse de la Malconche et de ses plages fait partie du patrimoine de tous les Oléronais. C’est un site remarquable, exceptionnel. Ces mots ne sont pas trop forts. C’est un bien commun que nous devons préserver pour les générations futures.
En cette année de « révolution littorale » pour la communauté de communes d’Oléron je ne peux m’empêcher d’emprunter quelques mots à la belle préface du catalogue de l’exposition du musée de Saint-Pierre d’Oléron. L’auteur y met l’accent sur 
« la connaissance des milieux, la prudence dans le choix des sites d’implantation, l’économie de moyens dans la réalisation… »
Il s’agit dans ce texte des risques liés aux aléas naturels.
Pourquoi l’auteur de ces lignes, Président de la Communauté de Communes d’Oléron, n’en fait-il pas usage lorsqu’il s’agit du dossier de la Malconche ? 
Pourquoi les décisions concernant l’exploitation économique du littoral iraient-elles totalement à l’encontre de ces principes qui sont les fondements du développement durable ? 

Comment se fait-il qu’aucune autorité responsable ne se soit avisé à ce jour que ce projet est incompatible avec le classement de l’île d’Oléron et de ses estrans ?
Comment ne pas se souvenir qu’un document malheureusement non signé par l’Etat le SMVM (Schéma de Mise valeur de la Mer) réservait cet espace de la Malconche aux activités nautiques et balnéaires ? 
Ce projet a donc été autorisé à la faveur d’un vide juridique de la réglementation de protection juste avant la mise en place du Parc Naturel Marin.

Je dis très respectueusement à M. le Président du Conseil Général qui nous répond que les formes démocratiques de consulatation ont été respectées :
  • non le principe de précaution n’a pas été appliqué
  • non toutes les personnes concernées et en particulier les professionnels du tourisme n’ont pas pu s’exprimer lors de l’enquête publique
et plus généralement, nous ne pouvons pas nous satisfaire de réponses convenues reprenant l’argumentaire du demandeur et ne prenant en considération aucune de nos questions.

Il est possible d’agir différemment :
Récemment, le préfet de l'Ille et Vilaine n’a pas autorisé la création de 285 ha de filières de moules dans la baie de Cancale à Saint-Coulomb devant l’opposition de la population. Le combat contre ces filières a été conduit par un responsable local de FranceNature Environnement sur les mêmes bases argumentaires que les nôtres.
Cet exemple interpellera sans doute les associations de défense de l’environnement oléronaises et charentaises qui, manifestement, choisissent les dossiers qu’elles traitent et préfèrent en ignorer d’autres, plus sensibles.

Il montre aussi que ce que nous défendons mérite une plus large audience. Nous nous y employons.

Notre association compte 700 adhérents et nous continuons d’informer la population.
Nous avons recueilli plus de 2000 signatures sur notre pétition-papier notamment le 13 août lorsque nous avons organisé une chaîne humaine sur les plages de la Malconche. Nous avons également une pétition en ligne.

Nous soutenons les recours juridiques en cours.
Nous demandons l’arrêt immédiat des travaux d’implantation des filières.
Nous exigeons un véritable débat à la fois sur la protection environnementale et le développement économique et, cela, avec toutes les couches de la population oléronaise.
Nous sommes face à une situation paradoxale : la plus grande partie du littoral de la côte orientale de l’île d’Oléron, depuis le Château jusqu’au Douhet est en passe d’être interdite aux loisirs maritimes alors qu’ils sont la base de l’attractivité de l’île pour l’ensemble des résidents et des estivants.

Ceci est inacceptable.



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